Les pervers narcissiques ont un rôle majeur à jouer dans le développement psychique des dépendants affectifs

Merci à StarryNight pour cet éclairage intéressant sur le lien entre la dépendance affective et la perversion narcissique d’un point de vue psychanalytique !

C’est un essai très pertinent et je vous invite vraiment à le lire avec un esprit ouvert, sans vous sentir visés, jugés ou autre négativité. Ici, il est question d’apporter des pistes de réflexion et non de crucifier ceux qui sont dans la position de victime chronique… mais qui luttent pour sortir de cet état mortifère.

Vos commentaires/questions en dessous, comme d’habitude.

Crédit photo : Kevin Grass – « Out to Lunch »

© SCARLETT – leperversnarcissique.wordpress.com – TOUTE REPRODUCTION INTERDITE SOUS PEINE DE POURSUITES

StarryNight :

Je me permets de participer à cet échange concernant les dépendants affectifs que je trouve fort intéressant. Il faut savoir que la dépendance affective et la perversion narcissique correspondent toutes deux à ce que l’on nomme en psychologie : des régressions.

@Scarlett: vous faites bien de mettre entre guillemets « couple idéale » entre un PN et un DA puisque évidemment s’annonce un futur particulièrement sombre pour ce dernier tant qu’il restera en contact avec le PN. Mais alors pourquoi le DA resterait en contact avec le pervers si cela lui est si néfaste ? Et ce malgré toute la persistance des gens de bonne volonté à lui démontrer le contraire.

C’est la question à douze mille euros… en fait ces deux profils psychologiques ont quelques points en commun. Tout d’abord, ce sont deux profils aux tendances sadiques. Mais attention, il ne s’agit pas de la même forme de sadisme, je vais tenter de l’expliquer.

Je ne peux pas me permettre de rentrer dans les détails puisque ce serait trop long à expliquer sur ce blog et ce serait peut-être un tantinet soporifique, mais il faut savoir que l’ infans traverse une phase sadique anale qui se conclut généralement par l’introjection dans le psychisme des parents (ou la/les personne(s) qui représente(nt) l’autorité) et forme l’instance de personnalité : le SURMOI.

Le surmoi correspond à tout ce qui va toucher à la culpabilité, ce qui est bien ou mal et donc à refouler, ou au moins à considérer, toutes les pulsions sadiques qui seront formées par une autre instance (le ça). Tout comme le psychopathe, le pervers narcissique possède un surmoi « riquiqui » ce qui fait que ses pulsions sadiques ne sont pas refoulées et elles se tournent vers l’extérieur (sur des personnes).

Le dépendant affectif, au contraire du PN, possède un surmoi développé… probablement trop développé… les pulsions sadiques du ça, au lieu d’être refoulées sont retournées contre le moi. Ce qui donne un surmoi sadique envers le DA (et qui les dotent d’office d’une très forte culpabilité) et on pourra alors faire la distinction nette entre sadisme (pervers narcissique) et masochisme (le dépendant affectif) et comme tout le monde le sait, ces deux formes de psychologie s’alimentent comme le feu et l’oxygène.

J’entends déjà certains DA me tomber dessus en me disant qu’une personnalité masochiste prend forcément du plaisir à souffrir alors que ces mêmes DA étaient loin d’éprouver une quelconque satisfaction à subir des injures, parfois même des coups venant de leur « moitié ». Je les crois sur parole. Aucun être humain n’accepterait un tel traitement. Mais alors pourquoi rester avec quelqu’un qui vous méprise au plus haut point ?

Il faudrait se tourner vers ce qu’on nomme en psycho : pulsions de vie et pulsions de mort. Il n’y a pas une bonne ou une mauvaise pulsion à choisir entre les deux (parfois les deux s’entremêlent). Chacune d’elle a tendance à se réaliser à travers les actes inconscients de notre personnalité. Le DA aura tendance à être « guidé » par la pulsion de mort qui ne recherche pas la mort en tant que telle (on ne peut pas rechercher ce que l’on a jamais connu) mais qui aura comme but de retrouver la sérénité avant la naissance.

On peut traduire ces comportements :

  • Effacement
  • Désintérêt de sa personne et à moyen ou long terme
  • Coupure de toutes relations sociales, etc…

Par le retour au calme prénatal. Il est d’ailleurs notable que sur cet échange précis, une personne DA, après avoir voulu faire entendre son point de vue et échanger avec d’autres intervenants, ce qui correspondrait de la part de ce DA à une pulsion de vie (sociabilisation, créer un lieu), n’ait pas du tout accepté ces échanges et se soit réfugié dans la pulsion de mort qui a pour but, je le rappelle, de recréer une situation prénatale sans plus aucune tension et comme si il n’était jamais intervenu (né ?) = demande de suppression de ses propres posts). Et là est toute la problématique.

Qui aura cette tendance à réaliser le vœu le plus cher et inconscient du DA, à savoir retrouver le calme, à couper tous les liens avec l’extérieur, le renoncement à soi et à ce qui fait la vie en général, à retrouver cette paix prénatale si douillette et réconfortante (après maintes infortunes, j’en conviens) ?

Mesdames, messieurs, je vous présente les pervers narcissiques qui auront un rôle majeur à jouer dans le développement psychique des DA et qui leur permettront (peut-être) de sortir de cet état de régression (qui vise au retour prénatal) et pouvoir enfin quitter cette promesse de destruction faite par le PN. Ensuite, et là est la vraie bonne nouvelle pour le DA, il pourra s’ouvrir à d’autres formes de relations sociales contrairement au PN qui lui restera toujours sur cette voie de régression. Le DA pourra même faire un parallèle entre le PN et une chimiothérapie : ça vous rend malade mais au final ça peut vous sauver la vie.

J’aimerais réagir à la réaction de Scarlett :
« Les PN et les DA sont des GÉNIES dans l’art de la manipulation par la pitié et la culpabilisation. Ils se positionnent comme des êtres faibles, sans défense, innocents et quand vous les mettez face à leur réalité, ils se retournent contre vous et font appel à la culpabilisation (solliciter votre culpabilité) pour vous manipuler et vous contrôler pour que vous alliez exactement dans leur sens = les plaindre et assouvir toutes leurs demandes sans broncher, par peur de passer pour quelqu’un de méchant. »

En effet, il est peu recommandé de traiter un cas DA en étant hypersensible. Ils agissent sur ces personnes comme des « trous noirs », par pour blesser les autres mais pour se blesser eux-mêmes en « s’arrangeant » pour couper toute relation et céder à leur surmoi sadique (dévalorisation, culpabilité, chantage au suicide qui peut-être dévastateur chez les personnes hypersensibles).

Je ne sais pas si vous le recommandez sur votre site mais il est en général préférable d’orienter ces personnalités vers un thérapeute. Le DA rencontrera en thérapie de grosses périodes de résistances puisqu’on touche au domaine des pulsions et il s’agira de ramener ses pulsions inconscientes vers le conscient ce qui n’est pas une mince affaire mais qui vaut vraiment le coup d’un investissement personnel.

Bonne soirée.

© SCARLETT – leperversnarcissique.wordpress.com – TOUTE REPRODUCTION INTERDITE SOUS PEINE DE POURSUITES

Publicités

33 réflexions sur “Les pervers narcissiques ont un rôle majeur à jouer dans le développement psychique des dépendants affectifs

  1. Merci StarryNight, pour votre essai. Il est d’une grande pertinence. L’angle psychanalytique résonne tout particulièrement chez moi et les nombreuses questions qui se soulèvent au fil du temps sur ce blog viennent de trouver, grâce à votre intervention, un éclairage nouveau dans ma compréhension personnelle.

    A vous lire, je repense subitement à ceci qui m’avait frappé, un jour où je faisais des recherches sur les constellations familiales, et qui disait en substance :

    « Chercher l’âme soeur équivaut à vouloir mourir ; cela n’existe pas, tout comme un idéal quel qu’il soit, seule la mort peut le dispenser ».

    Encore merci à vous, ne vous privez pas de venir contribuer à nouveau. Je vous lirai avec grand plaisir. Votre apport est précieux.

    Namasté

    Aimé par 3 people

    1. Bonjour,

      Je rebondis sur votre commentaire pour parler de: l’amour. Un thème récurrent dans les relations humaines… est particulièrement prisé de la personnalité dépendante affective. L’amour est malicieux et se plait à se laisser découvrir au hasard des rencontres et des aléas de la vie, si bien qu’il est parfois difficile à cerner ou même à reconnaître. Comme toute chose précieuse, il se fait rare et discret. Savez-vous qu’en psychologie il existe un processus psychique qui s’appelle la sublimation ? La sublimation est la transformation psychique d’un deuil, d’un traumatisme (une rencontre PN est considérée comme un traumatisme), d’un échec en… art. La raison d’être première de l’art est de faire s’éveiller les consciences. Il n’est pas nécessaire d’être chanteur ou même peintre pour parvenir à la sublimation. Prenons l’existence même de ce blog. Suite à son histoire personnelle, l’auteure de ce blog, Scarlett, a décidé de créer une plateforme d’échange qui a pour but de mettre à jour la personnalité perverse narcissique afin d’éveiller les consciences (ce qui correspond à la définition de l’art) et permettre à chacun de se prémunir face à ce profil. Il n’y a pas que Scarlett il y a aussi toutes les personnes qui expriment leur voix à travers les témoignages et qui contribuent à cet éveil des consciences. Ce faisant, après la résilience indispensable à tout traumatisme, s’est enclenché naturellement ce processus de sublimation. La sublimation correspond au top du top dans un cheminement psychanalytique puisqu’elle est une preuve d’amour que se fait celui qui la réalise mais elle est à la fois un cadeau pour tout ceux qui en seront témoins. Donc il n’est parfois pas utile de chercher midi à quatorze heures pour dénicher ici et là des petites preuves d’amour que les gens échafauderont pour éveiller les consciences et ainsi contribuer à faire évoluer le monde dans une magnifique pulsion de vie. Le DA ne doit pas hésiter à s’autoriser à sublimer ses défaites. L’amour fantasmé se projette dans une âme-soeur. Mais si on parvient à se sortir de ce fantasme on se surprend à le retrouver un peu partout.

      Bon week end.

      Aimé par 3 people

      1. Bonsoir @Starrynight, comme j’aime vous lire ! En plus d’être magnifiques vos écrits sont très éclairants , intéressants et parlants quand on a été DA ou que l’on en côtoie. Merci beaucoup de partager vos connaissances en psychologie avec nous. J’avais écrit effectivement que le DA est son premier PN . Le réaliser a pris du temps et m’a coûté mais cela m’a aussi libérer. Ce que vous dites est juste pour « le sursaut de vie », je l’ai nommé comme ça auparavant. J’ai senti la mort approcher , il n’était pas violent pourtant , je n’étais pas en trop mauvaise santé , maux de tête , dorsaux ou abdominaux mais rien qui ne mettait ma vie en péril. Et pourtant, je me suis sentie en danger de mort à la fin de la relation , la dernière année, je dirais, j’étais dans un tel brouillard que l’échelle du temps de cette époque est confuse . Mais bref , ce choix (à contre cœur total ), de le quitter , si je devais l’imager, serait l’ amputation d’une part de moi nécrosée afin de survivre ou périr. Pour mes enfants avant tout à ce moment là. J’ai choisi la vie et définitivement contrairement aux nombreuses tentatives précédentes avortées comme vous l’expliquiez dans votre autre commentaire . Je dis que je suis née à partir de là. C’est « drôle » d’avoir constaté , comme cela rejoint votre analyse sur le fœtus et la pulsion de mort du DA. Évidemment, tout ce que je dis , c’est à froid , c’est ce que j’ai compris en cherchant (enfin!) à me connaître. En venant ici aussi j’ai compris beaucoup de choses des autres , et, c’est une bénédiction de lire enfin quelque part que l’on n’est pas une victime ! (Si ce n’est de soi) On est complice. Vous avez raison de préciser que tout cela est inconscient chez le DA, je ne l’ai pas fait car c’était évident pour moi mais c’est important de le dire. Par contre , je suis convaincue que la volonté peut déplacer des montagnes , je suis d’abord entrer en lutte avec moi même avant de me cajoler. Parce que je VOULAIS VRAIMENT vivre enfin ! Je suis plutôt de nature battante , peut-être que d’autres ont besoin d’un accompagnement , avec des personnes spécialisées en la matière. Il ne faut pas hésiter si on n’y arrive pas seul, demander l’aide d’un professionnel. C’est souvent recommandé sur le blog pour répondre à votre interrogation d’hier 😊 Bien à vous

        Aimé par 2 people

      2. Bonsoir historiacyn,

        Je suis ravi que que mes écrits trouvent un écho positif en vous. Il est dans l’intérêt du PN que vous ne vous rendiez pas compte de qui il est et de ses intentions à votre égard, d’où la difficulté à ressentir, dans un premier temps, l’origine du malaise qui évolue crescendo. En fait, dès le premier sourire, dès la première parole que le PN vous adresse, vous êtes automatiquement trié (selon ce que vous êtes susceptible de lui procurer) et, pour ainsi dire, branché sous perfusion. Une perfusion au contenu des plus toxique: mensonges, manipulations, domination, projections en tout genres et autres joyeusetés… qui vous sera lentement mais sûrement administrée pendant des mois, voir des années si vous êtes de nature coopérative. Comme vous l’écrivez, il est clair qu’il faut être un minimum combatif face à un(e) PN, puisqu’il s’agit bien d’une lutte au final. Une lutte pour le pouvoir. Soit vous abandonnez tout pouvoir à une tierce personne, soit vous le reprenez (renaissance). C’est un bras de fer qui, logiquement, ne devrait même pas avoir lieu à partir du moment où le PN est désigné comme source de mal-être. J’écris « logiquement » à dessein puisque le PN ne va avoir de cesse d’attaquer votre système de raisonnement de façon plus ou moins subtile. Il est important de replacer de la logique comme vous l’avez fait, en schématisant ce qui s’est joué réellement dans l’interaction avec le PN (membre nécrosé). Une des premières techniques que le PN met en place est de vous faire renoncer à tout raisonnement logique pour qu’à terme il en vienne naturellement à raisonner à votre place (bienvenue à zombieland). Si cette méthode se retrouve dans chaque interaction avec un(e) PN c’est qu’elle est redoutable par son efficacité. Par exemple, pendant que vous vous prenez la tête à vous demander pourquoi vous méritez un « traitement par le silence » de la part de votre conjoint(e), vous ne faites plus fonctionner votre raisonnement logique. Vous vous retrouvez en modes affect et sentiments qui ne font pas du tout bon ménage dans une relation perverse puisque tout semblant d’affect est floué, manipulé, transformé…, vous vous prenez la tête sans fin sans jamais rien y comprendre et vous risquez de vous retrouver dans le même état qu’un oiseau mazouté lors d’une marée noire. Prendre le temps de remettre de la logique sur des comportements identifiés qui vous plongent dans un malaise profond est salvateur pour dissiper tout ce brouillard. Un jour, une de mes connaissances m’a demandé d’une façon très brutale pourquoi elle n’arrivait pas à quitter un PN malgré tout ce qu’il lui faisait endurer. Elle n’était plus capable de dire clairement si elle aimait cette personne ou si elle la détestait. Elle devait me le demander à moi puisqu’elle ne pouvait plus accéder par elle-même à un raisonnement logique. Je lui ai schématisé sa relation de la façon suivante: imaginez une personne prête à offrir un cadeau dans lequel elle a placé tout ce qu’elle est prête à investir dans une relation: de l’amour, des projets, de l’affection, un besoin de reconnaissance…, pour faire court, une partie d’elle même qu’elle ne donnerait pas à n’importe qui. La personne en face est PN, elle tend les mains pour recevoir ce cadeau puisqu’elle comprend que c’est ce que l’autre personne attend d’elle. Mais la personnalité PN n’a pas un psychisme assez consistant pour soutenir le poids de ce cadeau. Le cadeau traverse ses mains et tombe aux oubliettes. Il est ainsi plus facile de détecter où se situe le travail de deuil à effectuer après une relation abusive. Bien souvent, les personnes pensent que c’est le PN qui est trop difficile à quitter. C’est surtout le deuil d’une partie de soi-même auquel il est difficile de faire face puisqu’on aura tendance à vouloir récupérer, ou au moins à faire reconnaître cette partie de soi … directement auprès du PN. Mais il est impossible de récupérer auprès de lui/elle cette fameuse partie de soi qu’il n’a jamais pu/voulu posséder. Le PN le sait et il va se servir de ce sentiment de grande détresse pour ses propres objectifs (objectifs facilement identifiables à travers les articles de ce blog). Il va user du premier masque qui a conduit la première personne à vouloir lui faire ce cadeau, pour lui faire croire qu’elle a le pouvoir de recréer toute l’histoire et de la transformer en happy end. C’est bien sûr irrésistible pour la personne qui était détentrice de ce cadeau et qui pourrait voir là un moyen de récupérer ce cadeau et pourquoi pas, à force de persévérance, d’être enfin accepté par le PN. Mais c’est un leurre entretenu par le PN, puisque ce schéma est destiné à se reproduire encore et encore… Quand on en vient à la logique pure et dure on se rend bien compte qu’il n’y a rien de constructif ni même de passionnel dans une une interaction avec une personnalité PN. Tout ce qui freine la désolidarisation avec lui/elle est basé sur un affect perverti. Un affect qui aura pris racines dans un terreau pourri et qui « évoluera » vers une relation tout aussi pourrie et qui vous bloque dans une sorte de boucle temporelle où les mêmes situations se répètent sans fin.

        Je rebondis brièvement (même si il y aurait beaucoup de choses à dire sur le sujet) sur les termes « victimes » et « complices » puisque vous y faites allusion et qui font grincer de plus en plus les dents des « vraies victimes » et des « fausses victimes » de PN comme on peut le lire ou l’entendre de plus en plus souvent. Je ne parle plus des DA en particulier mais je prends l’ensemble des individus qui ont eu affaire avec un(e) PN (relation de couple). Personnellement, c’est vrai que j’évite d’employer de plus en plus le mot « victime » à tout bout de champ puisque même si il a l’utilité de mettre en évidence le caractère prédateur du profil PN au niveau psycho-juridique (si il n’y a pas reconnaissance de victimes, par voie de fait, il n’y a pas reconnaissance des PN) il peut aussi se retourner contre ces dites « victimes » qui usent et abusent de ce terme lorsqu’elles choisissent délibérément de rester/retourner avec le/la PN une fois qu’il/elle est clairement identifié(e). Comment prouver face à un tribunal que vous êtes « victime » dans une relation perverse alors que vous étiez conscient(e) d’être avec un PN? Cela devient difficile puisqu’en psychologie pour qu’il y ait reconnaissance d’une relation perverse il faut qu’un des deux acteurs de la relation soit floué, manipulé, qu’il y ait transformation de la réalité. C’est comparable avec le sado-masochisme sexuel. A partir du moment où la relation est consentie par les deux partenaires, alors elle est considérée en psychologie comme une relation névrotique. En choisissant de retourner/rester avec un PN identifié vous choisissez de renoncer à un statut de « victime » (ou alors vous êtes victime de vous même mais c’est très différent) et vous offrez par la même occasion un cadeau tant convoité par le PN: la reconnaissance de son profil pervers en profil névrosé. Un PN n’attend que ça: pouvoir déclarer à une audience qu’il faut être soi-même pervers pour rester dans une relation avec un pervers. On atteint ici le summum de la projection d’identification. Ce qui devient un non-sens en psychologie et extrêmement dangereux au niveau juridique. En franchissant ce pas vous vous retrouvez dans ce que certains psys (et beaucoup d’avocats de PN) considèrent comme de la « complicité ». Donc prudence lorsque vous rencontrez et que vous identifiez ce genre de profil. Les choix que vous aurez à faire seront potentiellement lourds de conséquences. Accepter sa part de responsabilité lors d’une interaction avec un profil prédateur identifié est donc essentiel si on ne veut pas semer le discrédit sur ce que représente la désignation du terme « victime ».

        Très bonne semaine à vous .

        Aimé par 8 people

      3. Bonjour @Starrynight, tout ce que vous expliquez est très juste. Mille mercis d’avoir pris de votre temps pour nous résumer tous les mécanismes et les enjeux psychologiques qui s’opèrent dans ce duo mortifère PN/Proie. Tout en illustrant vos propos de métaphores vraiment pertinentes ! C’est précieux pour nous , lecteurs , anciennes ou actuelles victimes/complices. Je vous rejoins totalement sur la prudence de crier au victimisme. Pour ma part , je pense qu’au départ nous sommes tous et toutes victime. Par ignorance tout d’abord, par crédulité et immaturité. Il est difficile de se dire que des êtres puissent être à ce point, malveillant , calculateurs , prêts à ne reculer devant RIEN pour nous mettre à mort, au moins psychiquement. Enfin, en tous cas c’est comme ça que j’étais, j’étais convaincue qu’en chaque être humain, il y avait du bon, que chacun avait des défauts , moi y compris et que de ce fait, il me fallait faire preuve de tolérance. Voilà pourquoi je parle de crédulité et d’immaturité. C’est naïf et enfantin puisque c’est un peu le pays des bisounours :  » Tout le monde il est beau , tout le monde il est gentil ». Ajoutez à cela le love bombing dans lequel le PN excelle et c’est ce qui fait basculer dans ce que j’ai ressenti comme une transe hypnotique. Mon discernement était déjà fragile en le rencontrant mais le peu que j’avais, s’est envolé en fumée. Cependant , on a des doutes, on sent que quelque chose ne tourne pas rond quand même, très tôt dans la relation je me suis rendue compte qu’il mentait , sur son âge , il etait en concubinage, il m’a dit être célibataire, il a paniqué quand , à notre deuxième RDV , je lui ai demandé son nom de famille, il me harcelait ou disparaissait pendant des jours et la liste est non exhaustive ! 😆 À partir de ce moment, je n’arrêtais pas de me dire : « Il se moque de moi ! « . D’autant que les PN donnent des indices. Moi j’ai eu : « Je suis un c……. , je suis égoïste , je n’ai pas d’empathie  » etc etc Mais cela on ne veut pas l’entendre ! On préfère qu’il continue de nous shooter de compliments et de bla bla flatteurs qyi viennent combler nos propre faille narcissiques et affectives. Alors je suis restée et en ai redemandé. Dès lors, je suis devenue complice à mon sens. Je resterai 3 ans « là dedans » et effectivement, je l’ai quitté dans cet état « d’oiseau mazouté  » que vous évoquiez. Il me faudra ensuite 1 an pour arrêter de le contacter, et un an de plus de lutte (avec moi même) pour commencer à me relever et entamer ma construction . Je n’étais pas construite auparavant donc le terme reconstruction n’est pas approprié pour moi. Je suis une personne sereine et heureuse depuis. C’est un chemin difficile mais c’est une grâce aussi ! Je n’aurais pas réussi à m’épanouir sans cela et j’aurais pû attirer bien pire vu mon profil psychologique. Je ne veux personnellement pas dire de moi que j’étais une autre victime que de moi même. Cela ne m’apporterait rien ce statut , au contraire… C’est sûrement pour cela , qu’on peut me trouver catégorique et dure mais c’est mon opinion, ce que j’applique à moi même surtout si cela a fonctionné pour moi , j’essaie de le transmettre aux autres. Et ils en font ce qu’ils souhaitebt ensuite. Je sais que mon intention n’est pas de blesser et que je ne suis pas responsable de l’interprétation de mes mots par les autres. Et puis , ce qyi est valable pour l’un ne l’est peut être pas pour tous… Mais dans tous les cas, et qu’il s’agisse de PN où pas , nous n’avons aucune obligation de subir une relation si l’on est adulte et que l’on n’est pas menacé d’une arme. On a toujours le CHOIX. Le cœur n’est pas un organe fait pour réfléchir, on ne peut pas écouter que lui. Mais il est quand même préférable de ne pas le verrouiller non plus, il y a de belles personnes aussi. Si notre cerveau nous met en garde, même si on ne peut nommer ce qui ne va pas il faut l’écouter , il ne nous fait pas de « joke », de fausse alertes… Je ne chercherai plus à comprendre indéfiniment ce qui cloche chez l’autre. Il ne me correspond pas, je zappe sans état d’âme. On peut choisir, bien sûr, de rester malgré tout mais dans ce cas , je réitère, on perd son statut de victime, à mes yeux en tous cas et nous somme complice de notre déchéance . On n’a plus qu’à encaisser et on ne chouine pas auprès de tiers : Faire soi même le PN : Recharger les batteries en énergie auprès de proches « sain » pour retourner la gaspiller avec lui… Je trouve cela aussi mauvais que ce que fait le PN ! Reconnaître comme victime pure trop gentille, trop amoureuse, une proie de PN , c’est à mon avis , lui faire penser que c’est l’autre uniquement qui a un problème et cela ne l’aide pas à mon sens à changer ce qui justement la conduite au PN. Pour s’en protéger , il faut absolument accepter sa responsabilité. Il faut également accepter que si lui est notre reflet , nous sommes le sien aussi ! Alors plutôt que de lui jeter la pierre, regardons en nous , aimons nous , respectons nous et plus aucun PN ou autres psycho/socipopathes ne s’intéressera à nous ! C’est la meilleure protection puisque nous savons qu’ils convoitent des personnes peu sûres d’elles entre autre. N’ayons confiance qu’en nous mêmes, qui que ce soit d’autre , soyons sceptique, toujours, sans paranoïa mais nul autre que nous mêmes ne mérite 100% de confiance… C’est en tous cas ainsi que je vis en paix , alors c’est ce que je conseille à tous ! Je vous souhaite @Starrynight, une excellente semaine, ainsi qu’à toi chère @Scarlett, et à vous tous ! 😉💋

        Aimé par 3 people

      4. Bonjour historiacyn,

        Et oui, au départ on est tous des cibles potentielles pour les PN. Ils ne font pas de distinction. Ils vont et viennent et ils remarquent vite avec qui leur manège sera efficace. En règle générale les gens aux idéaux élevés, souvent peu sûrs d’eux comme vous le dites, mais pas nécessairement fragiles. Si pendant la « période de tests » vous leur semblez trop fragiles, il s’en vont. Vous ne serez pas capables de supporter ce qu’ils attendent de vous et il ne perdront pas leur temps. Ils recherchent surtout des personnes très empathiques. L’empathie agit sur eux comme la lumière pour les papillons de nuit. Ils semblent hypnotisés par elle. Peut-être parce qu’ils ne la reconnaissent pas en eux et qu’on est souvent attiré par ce qu’on a pas.

        J’ai souri à votre anecdote sur le nom de famille… puisque j’ai vécu la même situation, pareil au 2ème rdz-vous. Ce petit saut de panique, ce refus de dire son nom comme une sorte de honte… On peut peut-être l’expliquer ainsi: Le PN fuit absolument toute intimité, elle lui fait peur puisqu’on sait que l’intimité est une forme de reconnaissance de l’autre. Le PN ne peut pas reconnaître l’autre en tant que sujet puisque cela le mènerait à éprouver des sentiments pour cet autre et cela empêcherait le mécanisme de projection d’identification ( à cause de la culpabilité que même son petit surmoi pourrait le mener à éprouver). On sait que sans projection d’identification le PN se retrouve coincé avec ses propres démons qui lui sont intolérables. Son Moi se clive(rait) en plusieurs parties et cela débouche(cherait) sur la schizophrénie. J’emploie le conditionnel puisque à ma connaissance ça n’est jamais arrivé. Un PN trouve toujours des cibles pour pratiquer la projection d’identification. Ainsi un PN reste PN jusqu’à son dernier jour. Peut-être que, (c’est une supposition de ma part) rien que le fait de dévoiler son nom est déjà une forme d’intimité que le PN à du mal à franchir. C’est peut-être un bon moyen de voir un de ses mécanismes de défense à l’oeuvre pour lutter contre une simple première forme d’intimité.

        Vous parlez ensuite du love bombing dans lequel le PN excelle et je vous propose ce petit extrait que j’ai eu à étudier pour un de mes cours de psycho. Je l’ai résumé très brièvement pour plus de clarté. Il s’agit d’un jeune homme en couple avec un homme un peu plus agé (PN). Je vous laisse juge de vous faire votre propre opinion sur une des formes du love bombing. Je dirais simplement que, en ce qui me concerne, le love bombing fonctionne une fois, deux fois, peut-être trois fois mais après j’aurais tendance à appeler ça autrement.
        « (…) je pensais régulièrement à la mort(…) mais je m’accrochais car nous avions l’habitude de partir en vacances deux fois par an à l’étranger, souvent pour des destinations de rêves. Des endroits du monde que je n’aurais jamais pu découvrir par moi-même puisque je n’aurais jamais pu m’offrir ces voyages par mes propres moyens. Il savait qu’il me tenait par ma passion de découvrir le monde. Alors je restais et je supportais le quotidien à ses côtés pour vivre une vingtaine de jours de bonheur par an. Durant ces vacances, je le retrouvais comme au premier jour, galant, souriant, attentionné et je savais qu’il était heureux d’être en ma compagnie… Il me prenait très souvent en photo et j’avais le sentiment d’être à nouveau tout pour lui(…) j’étais systématiquement malade les 2/3 derniers jours de vacances puisque je savais qu’une fois rentrés chez nous mon calvaire recommencerait(…) j’étais très affecté lorsque je m’apercevais que lorsque il publiait ses photos de vacances sur les réseaux sociaux je n’apparaissais sur aucune de ces photos, je n’existais pas lorsqu’il échangeait ses impressions sur nos voyages avec ses amis(…)mais je tenais le coup en patientant jusqu’aux prochaines vacances. »

        @tous, très bon week-end prolongé et ensoleillé.

        Aimé par 1 personne

      5. Bonsoir @Starrynight, cest toujours aussi bon de vous lire , merci encore ! 😊 Vos analyse sont très pertinentes. En effet , il faut être vulnérable mais avoir « du jus » quand même , je le dirais comme ça personnellement. Le nom de famille , c’est typique je crois, @Scarlett y a eu droit aussi 😁 Comme je lui ai demandé si il avait quelque chose à cacher avec ce refus, il me l’a dit. Il savait que je lui échapperais sinon, c’était trop tôt pour qu’il se permette cela. Concernant le love bombing, je dirais que c’est à chaque reprise de la relation , c’est comme une dose qu’un dealer nous offrirait, pour nous rendre accroc. Ensuite , je dirais qu’en alternant le chaud et le froid, il nous mettent en état de manque , Puis nous redonnent un shoot. Sauf que les doses administrées sont de plus en plus petites alors que nos besoins sont de plus en plus importants. Mais de temps en temps, quand ils sentent qu’on commence à nous sevrer , il nous en remette une bonne dose… Mais ce n’est que mon avis, je n’ai pas les connaissances psy pour le décrire plus précisément 😊 Merci pour cet extrait très intéressant, que vous partagez, je vais y méditer. Excellent week-end à vous.

        J'aime

  2. Bonsoir

    Merci pour cette analyse, moi qui passe mon temps à culpabiliser sur moi même j’en arrive à me détester plus en lisant l’article, cette auto punition que je vis me ronge. face à face véridique.

    Merci encore!

    Aimé par 2 people

    1. Bonsoir fz,

      Si vous en arrivez à vous détester plus en lisant cet article il est peut-être intéressant d’aller un peu plus loin, si vous le voulez. Si c’est cette idée d’être « dirigé » par cette pulsion de mort dans les choix de votre vie qui vous turlupine, comprenez bien qu’il ne s’agit pas d’une pulsion mortifère en tant que telle, mais plutôt un moyen de rechercher à tout prix la tranquillité, cette paix intérieur que votre surmoi ne vous permet pas de ressentir pleinement et durablement. Tout individu a en lui ces deux pulsions. Lorsque vous avez besoin de souffler, de vous poser, de vous déconnecter après une journée de boulot, survient la pulsion de mort… Son nom fait peur mais imaginez-vous toujours gouverné par la pulsion de vie, dans l’agitation, en activité, en mode créativité… votre corps ne tiendrait pas. Comme dans de nombreux cas c’est le bon dosage entre ces deux pulsions qu’il faudra rechercher. Si vous stagnez dans la procrastination, dans le repli sur vous-même, dans la peur de vous laisser une chance de passer à autre chose après une relation toxique, pas de panique… vous vous êtes simplement réfugié dans les bras sécurisants de la pulsion de mort. Ce n’est pas irréversible, mais c’est très confortable et tentant d’y rester toujours un peu plus longtemps. Ne vous faites pas une fixette sur votre comportement DA. C’est une partie importante de votre personnalité qu’il ne faut pas négliger mais ça ne vous représente pas en intégralité. Essayez de ne pas vous torturer les méninges, pensez plutôt que si vous avez atterri sur ce blog c’est qu’à un moment dans votre histoire personnelle vous vous êtes autorisé à exister par vous même sans l’aide de personne d’autre. Gardez-ça en tête en n’oubliant pas que tout le monde a sa croix à porter. Aussi bien les hypersensibles, les obsessionnels, les schizophrènes, les asperger… et vous constaterez que vous n’êtes pas le plus mal loti. Relativiser est très important. Vous êtes dépendant affectif et le seul véritable risque c’est que vous avez plus de chance de cautionner des comportements abusifs à votre égard. Bien, maintenant que vous le savez vous aurez moins de mal à mettre à jour une situation abusive. Si il s’agit du mot masochisme qui vous inquiète, là encore, pas de raison. Le masochisme moral fait partie des comportements névrotiques, il ne s’agit pas d’une perversion. Si il tend à conduire vers la pulsion de mort, il peut être aussi utilisé (dans le cas précis de la DA) comme mécanisme de défense. Mais il faut être un minimum honnête envers soi-même sans retomber dans la culpabilité ou dans le déni une fois qu’il est identifié. Si vous êtes dans une situation dans laquelle vous ressentez une douleur morale qui dure depuis un certain temps (aussi bien seul qu’en couple) et que vous n’arrivez pas à en sortir, c’est que vous vous complaisez dans un masochisme moral qui tend à vous faire végéter dans la pulsion de mort. Une des clés pour un DA est d’avoir des activités régulières lors de ses journées creuses (jardinage, sport, écriture, tout ce qui vous plaît…) et faire des projets à moyen et long terme pour entraîner sa pulsion de vie et rétablir l’équilibre lorsque le besoin s’en fait sentir puisqu’on l’a vu, l’inertie est aussi l’opportunité pour le surmoi culpabilisateur du DA de se déchaîner et éventuellement, par son exigence, de ne plus tolérer de prendre le moindre risque par peur de l’échec, ce qui pourrait conduire au développement de traits liés à l’agoraphobie, phobie scolaire…etc, ce qui en fin de compte rendrait le DA encore plus dépendant vis-à-vis d’une personne extérieure potentiellement mal intentionnée.

      Enfin, il est important de comprendre que la dépendance affective est une partie de votre psychisme qui s’est fixée à un des stades libidinaux que le nourrisson doit traverser. Lorsque Bébé veut attraper tous ceux qui passent à proximité (et surtout maman détentrice du lait maternel). Période où le nourrisson aura sans doute été frustré (développement de l’anxiété) par une mère distante ou absente trop longtemps dans l’inconscient de l’enfant et durant laquelle il construit déjà ses mécanismes de défense. Une mère absente et c’est la mort qui attend le nourrisson. Le DA adulte régresse vers ce point de fixation et croit (de façon inconsciente) que si il se retrouve seul il est en danger de mort. Il va donc chercher à se raccrocher à quelqu’un qui pourra le sauver. On comprend pourquoi il est tellement compliqué pour un DA de quitter son partenaire ou de vivre sans (ce qui est du pain béni pour le PN). Les pensées du genre: je vais mourir sans lui/elle, je ne m’en sortirai pas sans lui/elle…etc = régression vers ce point de fixation. Sachant tout cela, on comprend aussi que le comportement du DA est déraisonnable à l’age adulte, puisque un adulte ne se trouve plus en danger de mort lorsque sa mère ne lui fournit plus son lait. Chassez autant que possible cette idée chimérique qu’une personne extérieur détient votre bonheur (survie ?) puisque vous le savez, vous ouvririez grand une faille à un autre enfant qui aura développé ses propres mécanismes de défense afin de ne pas sombrer dans la psychose. Vous savez bien sûr de quel profil psy je vous parle. J’espère que cela vous aura aidé à y voir d’avantage plus clair sur la dépendance affective.

      Très belle semaine à vous.

      Aimé par 5 people

  3. Merci beaucoup pour tous ces derniers échanges sur la DA.

    J’ai appris énormément rien qu’aujourd’hui ou j’ai passé une bonne partie de la journée à lire et relire les post.
    Je comprends mieux certains traits de ma personnalité et surtout cette faille qui résonne en moi et qui pourrait me faire basculer dans le victimisme. C’est très physique chez moi , je ressens comme une vraie faille qui s’ouvre en moi quand il s’agit de parler de moi, de ma vie. Pas à chaque fois bien sure mais cela m’arrive souvent.
    Seulement je n’aime pas retomber dans le victimisme, l’échange est faussé et je n’aime pas cette place, je la déteste même; elle me fait honte. Je ne veux pas que l’on s’intéresse à moi pour les mauvaises raisons. Et cela a été dit il n’y a pas d’amour dans ces relations. Je ressens aujourd’hui l’impression d’avoir utilisé des personnes.
    Je n’ai pas encore tout réglé de cette faille, ni comment remplir ma vie de positif, ma vie tout court; alors quand je sent la faille s’ouvrir je m’isole préférant revenir plus tard et si c’est dans l’instant présent je change de conversation; je ne parle pas de moi ou pas sur les sujets sensibles qui pourraient déraper du mauvais côté préférant développer autre chose. Ce n’est pas la meilleure des solutions mais au moins je ne pollue pas l’échange et surtout je n’ai pas honte de l’avoir fait.
    Effectivement la solitude et le manque de buts parfois me font ressentir cette faille, la comparaison avec autrui aussi.

    Donc merci pour cet article qui m’ouvre d’autres pistes à approfondir.
    Merci à starrynight , votre article est vraiment très intéressant, il apporte beaucoup , n’hésitez pas à en poster davantage. Ce que vous développez autour du vide me parle beaucoup. C’est de ça dont je veux parler quand je parle de faille, une sensation de vide énorme , un gouffre qui me dit ; tu n’y arriveras pas .
    Sans ce site je n’aurais pas pensé à creuser du côté de la DA.
    Et je vous salue pour votre clairvoyance et votre détâchement qui permettent d’avoir des débats aussi approfondis et éclairant.
    bonne soirée

    Aimé par 4 people

  4. Analyse passionnante. Et tellement vraie! Après 9 ans passés avec une PN, je suis sorti, grâce à elle, de ma dépendance affective. Je n’ai pas fait le chemin seul puisque je suis suivi par une psychologue depuis trois ans. Mais oui, ma PN m’a fait aller au fond du trou, là où je n’existais plus, et où j’éprouvais un certain plaisir à n’être plus rien. Et justement en faisant cela, elle m’a obligé à réagir et à travailler sur ces failles même qu’elle avait exploitée. Quand j’ai cru que j’allais mourrir, j’ai finalement eu comme un ultime sursaut de vie qui m’a fait remonté à la surface . Aujourd’hui, je suis toujours suivi et je vis une relation amoureuse équilibrée avec une femme que j’aime et qui m’aime et je sais qu’elle est avec moi parce que je lui conviens. Si je n’avais pas rencontré et souffert un enfer avec ma PN, je n’aurais pas pu arriver là où j’en suis. Et elle, effectivement, n’a pas changé. Donc, si je peux me permettre un conseil : si vous êtes dans la dépendance à un ou une PN, faites vous aider parce que non seulement on peut en sortir, mais on peut s’en sortir d’autant mieux que le PN est allé loin et ne nous a plus laissé d’autre choix que de changer. L’arme du PN, c’est la dépendance affective, si vous n’êtes plus dépendant, alors il apparaît comme ce qu’il est : une sorte d’enfant sadique attardé qui se croit tout puissant.

    Aimé par 7 people

    1. Bonjour,

      Oui il est très courant que cet ultime sursaut dont vous parlez ait lieu au moment où votre psychisme est sur le point de s’effondrer et donc proche d’un passage à l’acte. Il semble
      bien que seul un dépendant affectif arrive à survivre aussi longtemps avec une personnalité PN et qu’il est souvent nécessaire qu’il atteigne ce point de rupture pour réellement s’en sortir. C’est pour ça qu’il me semble impossible de ne pas parler de masochisme moral inconscient lorsqu’on parle de dépendance affective couplée avec la perversion narcissique. Cependant, dans des cas courants, avant ce point de rupture, le DA peut avoir des sursauts de pulsion de vie et venir chercher de l’aide sur des sites comme celui-ci mais devant l’ampleur de la tâche à accomplir qui lui semble insurmontable il renonce et aura tendance à « fabriquer » inconsciemment, en rejetant fermement tout changement profond qu’il se sent incapable de faire, un « prétexte » qui lui permettra de se dire que finalement son ex-pn avait raison en le méprisant puisqu’il se trouve méprisable. C’est pour cela qu’on trouve un nombre invraisemblable de ruptures et de « réconciliations » entre DA et PN au fil des années. Les hauts potentiels et les hypersensibles, (les entremets préférés des PN), ont en général beaucoup de mal à comprendre comment une relation avec un/e PN puisse durer pendants plusieurs dizaines d’années tellement les violences et les humiliations psychologiques deviennent ahurissantes. Je ne peux l’expliquer (personnellement) que par le surmoi tyrannique du DA qui le maintient inconsciemment dans cette relation. D’ailleurs il me semble qu’une intervenante » historiacyn » si je ne me trompe pas (dslé si c’est le cas je n’arrive pas à retrouver le post) dit très justement que le DA est un PN pour lui même. C’est très parlant et parfaitement lucide.
      On peut aussi schématiser et caricaturer les différents mécanismes de survie et de défense du PN et du DA. Un PN, un DA et un névrosé tombent à l’eau. Le névrosé va tenter de se maintenir tant bien que mal à la surface de l’eau, le PN va s’appuyer sur la tête du névrosé pour ne pas sombrer (quitte à le noyer) tandis que le DA se sera laisser couler puisqu’il aura déjà démissionné mais par un mécanisme de survie s’accrochera à une jambe, n’importe laquelle, en s’agrippant très fort et en pensant dur comme fer que l’autre le secourra forcement si il ne lâche pas prise.
      Lorsque je parle de démission du DA je parle bien sûr de processus inconscients. Il est inexact de dire q’un DA n’a pas de volonté, (volonté de quitter PN) en fait c’est plutôt l’inverse. Il est difficile d’imaginer vivre plusieurs années sous le même toit q’un PN sans une volonté de fer. Le problème c’est que cette volonté est mal dirigée, biaisée par ce surmoi zélé qui prend trop de place et qui outrepasse ses fonctions.
      Félicitations de vous être sorti de cet enfer et d’avoir parfaitement compris que sans DA les PN risquent de se retrouver en tête à tête… avec eux-même.

      Bon week end à toutes et tous.

      Aimé par 10 people

  5. Mille mercis de votre essai ! Vous aidez grandement à approfondir la connaissance des mécanismes inconscients qui se mettent en place. Comprendre et accepter au plus profond de nous-mêmes c’est sortir de la culpabilité/compulsion de répétition et faire un très grand pas vers notre réel MOI. C’est transfigurant !

    Aimé par 2 people

  6. Je viens de découvrir la série Big little lies (après avoir lu le livre de Liane Moriarty… comme par hasard en ce moment je ne tombe que sur des romans avec des pn).
    Séries très bien faite (superbe musique et très belle images, scénario très bien construit…). Cela traite de la maltraitance, des violences faites au femmes, de l’image des femmes, de l’amitié et de son importance (avec un énorme pn au centre de l’histoire), du harcèlement, de la dépendance affective / sexuelle, de l’auto-illusion, de la manière de quitter un pn et du cheminement qui aboutit à la liberté…
    Enfin je trouve que cette série tombe à pique, et je trouve aussi que le sujet est très bien traité. C’est violent (interdit aux moins de 12 ans, moi je dirais au moins de 14 ans !).
    La série est passée sur OCS et on peut facilement la voir en streaming sur internet.
    J’aimerais avoir le point de vue de Scarlett…

    J'aime

  7. Cette pulsion de mort je l ai ressentie in utero. Je ne voulais pas sortir. Elle a fait partie de moi bien avant ma naissance. Je pressentais ce qui m attendait au dehors. Je l ai toujours su. Me croira qui voudra. Et j ai recherche très longtemps cette paix et cette blancheur que j ai retrouvée un jour après une tentative d étouffement sous un oreiller par mon compagnon de l époque. Une paix immaculée. Au début la peur et la suffocatio et ensuite cette paix immaculée. J en suis revenue mais je n étais plus la même. Spirituellement d abord. Renforcée. J ai déposé plainte contre lui et j ai fais les démarches nécessaires pour qu il n’ait plus accès a l appartement. J ai toujours été combative mais j etais ecrasee par des attirances que je ne comprenais ni souhaitais en fait. Par contre socialement et surtout amoureusement (ce qui n était pas de l amour) je me suis isolee. Il m a fallu encore beaucoup d années et plusieurs rencontres avec des PN+++ exemptes de violences physiques mais avec une très grande violence psychique. Ces rencontres étant trop fortes, elles m ont tellement déstabilisée que je n ai pu que comprendre enfin ma famille dysfonctionnelle, mettre des mots sur ces déviances rencontrées, sur mon mal être, ma solitude, ma détresse et mes terreurs. Ces abominables terreurs et détresse de mon enfance. J ai demande de l aide auprès de plusieurs spécialistes. J ai ensuite continuée seule et me voilà lisant, relisant et relisant encore ce très fort et très destabilisant texte de @starrynight qui me parlait intérieurement mais qu il m a fallu digéré pour venir partager avec vous. Voilà. Merci.

    Aimé par 3 people

    1. Bonsoir @Cheistinecjdv, je suis toujours ravie quand je lis que quelqu’un s’est ouvert spirituellement. Je sais la richesse qu’est la spiritualité, quelle qu’elle soit 😊 Bravo d’avoir fait le travail d’analyse que vous avez fait ! Je vous souhaite un avenir lumineux 🕊🌺

      J'aime

  8. Merci beaucoup pour cette article qui me parle, énormément.

    Je n’ai pas encore tout accepté de ma DA, il y a encore quelques trous, mais grâce à cette version psychanalytique, je veux croire que cette DA en moi sonnait comme un immense désire de retrouver une sérénité, celle d’avant tout ça (trou, incompréhension, silence, violence et tabou prénataux)

    Et bizarrement sans comprendre, j’ai toujours dit que je n’étais pas victime, qu’il y avait certainement une raison à mes choix, et j’avais l’incompréhension de l entourage car je ne réclamais pas justice, à la suite de mes 2 rencontres. ( je parle pas de justice judiciaire)

    Mais cette dernière relation m’a éprouvée, je pense beaucoup plus pour ce qu’elle faisait subir à mes enfants, car sans eux j’y serais encore et je n aurais cheminé autant, étant resté, cette fois je lui avais donné mon accord pour être sa victime.

    Et a cause de cette accord, mes enfants ont souffert.

    Pour ma part tout est vrai dans ce texte, et j’espere pouvoir aider mes enfants à restaurer leur ca, leur moi, et leur surmoi.

    Et pour cela, je n’ai trouvé qu’une solution, PARTIR, tout étant plus clair, les violences dénoncés, je peux aujourd hui rendre mes enfants et moi meme heureux en sachant d’où je viens désormais, pour mieux avancer.

    Tout nous parait normal quand on vit cette relation comme c’était notre destin, on reproduit avec le pn ce que l’on a vécu dans la sphère familiale, faut il encore en avoir conscience.

    Il me traitait comme me traitaient les miens, je le traitais comme les siens le faisaient : Mal. Et nous l’acception de leur part.

    Jusqu’au jour où j’ai refusé de continuer à accepter…. alors oui c’est masochiste, nous étions dans la régression la plus totale. Nous étions 2 enfants d’âge adulte.

    J’avais également pour habitude de dire que je n’étais pas fini(je le savais mais n’avais pas la solution), eh bien cette rencontre m’a aidé à aller vers ça, et vous tous, nos thérapeutes …

    En effet, il est encore difficile d admettre, mais conscience et maturité obligent.

    Bien à vous

    Nini dit New

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour @famille669, bravo d’être parti et pour votre remise en question, oui cela prend du temps mais le plus difficile c’est de l’amorcer 😉 Je vous envoie plein de courage et de bonheur pour la suite avec vos enfants . Bien à vous

      Aimé par 1 personne

  9. @StarryNight

    Merci mille fois de votre nouvelle intervention ! Vous approfondissez la relation PN-proie d’une façon si simple à comprendre, très éclairante et qui, en plus, nous responsabilise.

    J’ai beaucoup aimé la métaphore du cadeau qui glisse entre les mains du PN ; Ainsi leur psychisme est tellement abîmé, voire inexistant, qu’il n’existe plus de matière ‘vivante’ pour pouvoir s’accrocher et ‘exister’ enfin. Ils auront beau essayer de la voler aux autres et chercher à s’en approprier, ils n’y pourront jamais arriver. Tout autant que les ‘donneurs de vie/psychisme’ ne seront jamais privés de leur partie vivante (même si on le croit) qui les rend appât des PN et autres toxiques.

    Mille mercis aussi de parler du travail de deuil, condition sine qua non pour s’en sortir et ne plus tomber dans nos propres pièges. Comprendre ce qu’ils nous ‘offrent’ sur un plateau (et qui nous parle tellement, véritable écho qui vient de la partie la plus ‘archaïque’ et blessée de nous-même) est comprendre nos propres manques/failles et c’est sur cela qu’il faut travailler.
    Comme dans certains art martiaux, les PN se servent de notre force (vitale) pour nous mettre au tapis. En réalité notre propre ennemi c’est nous-mêmes.

    Je comprends très bien, aujourd’hui, qu’avec les PN qui ont traversé ma vie, j’ai engagé un bras de fer contre la petite fille (qui avait besoin mais qui était/se sentait impuissante) qui était en moi. Je ne pouvais que perdre. Le jour où j’ai enfin compris cela, je me suis senti libérée, artisane de ma vie et de mon bonheur puisque ça ne tient qu’à moi.

    C’est bizarre de penser que la relation PN-DA n’est autre que deux personnes qui se tendent mutuellement un miroir (déformant). L’un veut être vu comme un être vivant/quintessence de toutes les qualités et l’autre veut être vu tout court.

    Sans dire merci à ses ‘handicapés du sentiment’, ces amputés de l’amour, je dis merci de l’opportunité que j’ai eue de pouvoir travailler sur moi-même et d’avoir pu être capable de sortir du piège (qui englue) de chercher un coupable à l’extérieur de moi-même.

    Le jour où on sera totalement ‘désintoxiqué(e)s, nous ne leur intéresserons pas, et, eux, ils ne nous intéresseront plus ! And good riddance !

    C’est un travail de longue haleine et pas exempt de souffrance (car on affronte notre douleur d’antan) mais c’est un travail qui délivre et nous rend un psychisme sain.

    Coco

    Merci encore à vous et LLAP

    Aimé par 3 people

  10. Merci @StarryNight pour vos dernières interventions, moi qui n’étais pas trop branchée psychanalyse, vous avez su captiver mon attention, votre point de vue est très juste, quand on connaît la DA un minimum on ne peut qu’adhérer à vos propos.
    Un petit mot pour @historiacyn, merci de retracer toujours avec humilité votre parcours. Il n’a jamais été dit que c’est facile, il suffit de vous lire pour voir comme vous en avez traversé des obstacles, comme ça a été long aussi. Les choses ne se font pas en un claquement de doigt bien sûr, simplement OUI c’est réalisable, on peut s’en sortir. Sans vouloir relancer de polémique, vos pavés je les aime, ils sont précieux, c’est une chance d’avoir une ancienne DA qui explique les mécanismes avec honnêteté, et sincérité, ce recul dont on est incapable lorsqu’on est encore dans la dépendance affective.
    Merci à vous et @Scarlett pour cette belle énergie positive et inspirante, je vous embrasse

    Aimé par 1 personne

    1. Bonsoir @Hellosunshine, votre petit mot me touche, merci 😊 Ça a été long , c’est vrai mais je dois préciser que je n’avais pas encore l’aide précieuse du blog de @Scarlett. Lorsque je l’ai découvert, j’étais encore mal et tout s’est enclenché assez vite grâce @Scarlett , @Dandoha , tous les autres intervenants , les « quatre accords toltèques « . Je continuerai mes pavés tant que @Scarlett les autorisera , parce que je veux apporter l’espérance et la foi en soi aux survivants des PN . C’est difficile mais nous sommes plusieurs à prouver que c’est possible de s’en sortir plus fort et heureux 😉 Je vous embrasse aussi 💋

      Aimé par 1 personne

Partagez votre opinion !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s