« Les Nouvelles Solitudes » de MF Hirigoyen : le livre qui va vous guérir de votre dépendance affective !

Amis lecteurs,

Dans ma quête de compréhension de la fameuse « peur de la solitude » et de la « déséspérance horrifiée du statut de célibataire », qui semblent hanter tant d’âmes en détresse sur le blog, j’ai décidé de me pencher sur la littérature à ce sujet.

Le jeu dit amoureux et sa violence

Je suis tombée sur un livre de Marie-France Hirigoyen, psychiatre, psychanalyste et victimologue, spécialisée – tiens, tiens – dans l’étude de la violence sous toutes ses formes : familiale, perverse et sexuelle. C’est intéressant, d’ailleurs, comme l’une (la solitude) mène à l’autre (la violence). En tout cas, MF Hirigoyen a réussi le bel exploit de dresser un tableau sans complaisance, sans fard et sans parti pris, des règles du jeu dit amoureux dans notre société actuelle.

Franchement, je m’attendais à lire un ouvrage traitant de dépendance affective, de la petite enfance à la mort, sur un plan analytique et je me suis retrouvée avec une véritable pépite, un tableau croisé dynamique des relations interpersonnelles, du narcissisme permanent en toile de fond et de l’inévitable consumérisme qui découle d’une vision purement utilitaire de l’humain.

Au lieu d’exprimer une vraie interrogation sur l’origine de leur souffrance, les patients nous demandent de « réparer leur machine » afin qu’elle fonctionne mieux.

L’humain n’est plus considéré que comme un objet du quotidien. Il est devenu un appareil dont on extrait la ressource puis qu’on jette quand il a cessé de fonctionner. Paradoxalement, cette société insensible et insensée créé les propres conditions de sa destruction : comment se fait-il qu’autant de personnes se plaignent d’être seules alors qu’elles sont entourées d’individus ? Pourquoi autant de parents se retrouvent isolés, placés dans des maisons de retraite alors qu’ils ont passé leur vie à fuir cette solitude dans laquelle ils terminent inexorablement ? Le chaînon manquant n’est peut-être pas dans la fuite de soi mais dans l’authenticité du lien avec soi… et par ricochet avec les autres.

Dépendance affective et épanouissement personnel

Ce livre est la confirmation du rapport de force qui existe entre des hommes apeurés, menacés par l’indépendance financière et matérielle des femmes d’une part ; et d’autre part, ces dernières qui veulent être tout à la fois et qui sont prêtes à renoncer à leurs accomplissements humains pour être dans des relations dites amoureuses. Et qui échouent lamentablement, « abandonnées » lâchement au moment où elles ont besoin d’une réciprocité qui n’existe pas.

Syndrome du nid vide. C’est ainsi que la société qualifie le bilan froid qui ne manque pas de heurter ceux qui ont passé une vie à « remplir » leurs cases avec des êtres humains sans jamais se demander s’il existait entre eux, autre chose que de la manipulation émotionnelle… pour ne pas être seuls. Quelle ironie.

Chacun dit chercher l’amour mais plus personne n’a d’illusions et chacun sait que la passion qui préside à la mise en place d’un couple est éphémère.

De qui parle-t-on dans ce livre ? Finalement, MF Hirigoyen fait la part belle à une fraction de la population, à celles et ceux qui ont choisi de se fuir, de courir après leur vie par peur de la mort et de se noyer dans les relations dites amoureuses pour remplir leurs angoisses existentielles.

Ceci est le point commun entre les hommes et les femmes qui se précipitent dans des relations pansements, où l’amour est le grand absent. MF Hirigoyen le souligne bien :

Alors qu’autrefois, on se mettait en couple dans le but de fonder une famille et de transmettre des valeurs à la génération suivante, beaucoup attendent donc aujourd’hui que la vie en couple répare leur malaise intérieur, comble leur vide. Or, c’est justement cet individualisme qui vient mettre les couples en échec. Car cet amour placé au centre de la relation n’est trop souvent qu’un amour narcissique : j’aime cette personne parce que j’aime l’image de moi qu’il/elle me renvoie. De fait, il est parfois difficile de distinguer l’adoration de l’être aimé de l’adoration de soi.

Le mot « amour », s’il n’est pas d’abord conjugué à la première personne du singulier ne se transformera jamais en « nous ». La montée du narcissisme est concomitante avec celle de la dépendance affective.

Il est aussi question des individus – bien plus souvent des femmes que des hommes – qui choisissent de se (re) découvrir, prenant ainsi le chemin du célibat temporaire ou permanent, déçus par acquis de conscience : nous ne pouvons pas aimer les autres si nous ne nous aimons pas nous-mêmes.

Désengagement / Couples en CDD / Partenaires jetables

La vérité est que vous ne connaissez jamais réellement une personne avant la fin de la relation. Combien d’entre vous ont souvent eu cette sensation de voir « un autre visage » au moment de la rupture ? Combien de personnes refusent de considérer leur propre responsabilité et montent des stratagèmes visant à présenter une version de la fin complètement à charge pour l’autre ? Combien de personnes sont utilisées librement puis jetées pour des partenaires plus jeunes et plus valorisants ?

Surinvestir son couple ou se désengager de tout lien affectif pour ne pas souffrir…? Devant la facilité des relations, devant l’essor des nouvelles technologies qui donnent accès à un champ virtuellement infini de rencontres, devant le narcissisme des uns et des autres dont le seul but est finalement de ne jamais avoir à se retrouver « seuls », est-il encore raisonnable de voir le couple comme une fin en soi ?

Bien peu sont capables de reconnaître leurs responsabilités dans l’échec du couple et préfèrent accuser l’autre. On cherche à convaincre l’entourage que l’autre est perturbé.

A vous de vous faire une idée. Pour ma part, la réponse est simple : la capacité d’être seul ne signifie pas l’envie d’être dans un isolement social. Il est sain et bon pour tout être humain de cultiver des périodes d’introspection, de se fixer des objectifs personnels, de trouver un mode de vie qui soit épanouissant. La question du couple n’est que secondaire. Plus nous sommes en harmonie avec nous-mêmes, plus nous sommes capables aussi de voir l’autre pour ce qu’il est et non pour ce que nous aimerions qu’il soit. Ainsi, il est possible de composer la troisième entité couple à 50/50 ou presque.

La dépendance affective entraîne forcément :

  • Une vision déformée de soi = « J’ai besoin d’un autre pour me définir et me rendre heureux/heureuse »
  • Une vision déformée de l’autre =  « Tu sers à mon bonheur et tu dois combler mes angoisses »
  • Une vision déformée du couple = « Je reste avec toi parce que je n’ai pas trouvé de meilleur anxiolytique/faire valoir ailleurs ».

Une réflexion qui s’étend aux enfants également, utilisés comme prolongation du soi. Une fabrique de narcissiques et de dépendants affectifs.

Pour échapper à cet enfer, devenez autonomes.

Pires que les pervers narcissiques : les immatures ordinaires

La mauvaise nouvelle est qu’il existe pire que les pervers narcissiques : des individus émotionnellement immatures, qui collectionnent les cœurs comme on collectionne des montres et font des « réserves » pour ne jamais se retrouver « seuls ». Après avoir échappé aux griffes du pervers narcissique, sans faire un réel travail sur vous-même, vous tomberez sur un profil bien plus banal et fréquent mais tout autant destructeur, celui d’une personne qui ne vous « aimera » que tant qu’il n’y aura « pas mieux que vous ».

La bonne nouvelle est que vous pouvez changer cette donne et apprendre à subvenir vous-mêmes à vos besoins et considérer l’autre avec ses qualités et ses défauts, apprendre à aimer cette imperfection.

Aimer, tout simplement !

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4 réflexions sur “« Les Nouvelles Solitudes » de MF Hirigoyen : le livre qui va vous guérir de votre dépendance affective !

  1. Bonsoir à toutes et tous,
    Merci Scarlett pour ce partage. Ce travail « intérieur » dont on parle si souvent sur ce blog..est le seul chemin qui nous mène à nous. La seule personne que nous devons aimer et qui ne nous quittera qu’au moment de devenir poussière c’est NOUS MEME ! S’aimer et apprendre à regarder notre vide intérieur est la voie vers des relations sincères et constructives, enfin il me semble.

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  2. J’ai lu ce livre de MC Hirigoyen en 2009. J’étais en vacances en Egypte avec ma fille aînée à ce moment-là ! Ce sont des moments merveilleux …Elle m’en a fait un album photos…J’ai eu des moments sublimes avec elle que je n’oublierai jamais …Même si à ce moment-là je me posais DEJA des questions sur mon couple ( j’étais très amoureuse de mon futur époux ). Il me demanda en mariage quelques mois après mon retour …La situation dégénéra 1 an après notre mariage …L’incompréhensible (NOUS étions en plein bonheur… enfin MOI je voulais y croire …son abandon et l’alcool …)J’étais malheureuse, désespérée, solitaire …Je n’ai plus aucune nouvelle à ce jour … La procédure de divorce suit son cours…Je suis en paix …Grâce au non contact , je peux me retrouver MOI. Le couple j’y croirais jusqu’au bout …C’est mon essence même de vie et je ne veux pas être dans le déni . Je m’assume et je préfère être seule que d’être avec n’importe qui ! Le couple , effectivement je ne le vois plus que comme partage et harmonie …à 50/50 …Je suis en paix , je retrouve goût à la vie …J’aime rentrer dans ma nouvelle demeure car je m’y retrouve…La solitude ne me fait plus peur ( c’était presque inconcevable il y a encore un an). J’étais bien plus seule en couple lorsque j’étais malheureuse !!! A ce jour , si je rencontre quelqu’un, ce sera un partage …La paix , l’harmonie et L’AMOUR bien évidemment …voila ce que j’attends d’une relation…Dès qu’il y a des doutes, de la souffrance , mieux vaut fuir …Le jour où l’on s’estime ,où l’on s’aime soi-même , on n’accepte plus d’être humiliée, méprisée et non aimée. C’est un- plus ou moins long travail- mais on y arrive et il en vaut la peine …L’essentiel étant de trouver le véritable Amour – Celui qui vous aime et vous respecte – Il ne viendra que lorsque vous -même, Vous respecterez….

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  3. Merci Scarlett pour votre partage, je m’en vais de ce pas commander le livre.
    Il est clair qu’être épanouie et bien stable sur nos deux pieds, avec conscience de notre propre valeur, avec nos propres rêves et la confiance que nous pouvons les réaliser, est sans doute la meilleure protection contre les abus narcissiques et autres violences.
    Quel dommage que tant d’entre nous aient besoin d’une expérience douloureuse, voire dangereuse, pour parvenir à cet équilibre….
    Mais heureusement, il est possible de se reconstruire – et en mieux qu’avant- comme vous, ainsi que de nombreuses personnes qui témoignent sur ces pages, le prouvez!

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